Le crowdfunding et la littérature interactive

Le crowdfounding (ou financement participatif) permet, via notamment des plateformes en ligne comme Ulule ou Kisskissbankbank, d'obtenir des fonds en recevant des donations de nombreux particuliers. Le cumul de chaque donation (à l'importance variable -de quelques euros et à plusieurs centaines- et aux contreparties variables également -du simple remerciement à une soirée VIP avec les participants du projet, en passant par la réception en avant-première du produit final : livre, dvd, etc.) permet bien souvent de lever des centaines voire des milliers d'euros.

Dans le monde des livres-jeux, cette technique est notamment utilisée par l'association Scriptarium, qui leva en 2012 plus de 5000€ (la récolte, prudente, ne visait que 1500€) sur Ulule afin de publier le livre "DÉFIS FANTASTIQUES - Le Jeu de rôle". Cet argent permit de financer les illustrations du livre (par Russ Nicholson et John Sibbick) et son impression. En contrepartie, les financeurs reçurent le livre et divers goodies. Afin de publier des suppléments liés à ce jeu de rôle (notamment un livre-ressource détaillant l'univers des séries Défis Fantastiques et Sorcellerie!), l'association a lancé un nouvel appel de fonds en cet an de grâce 2014, de 6000€ cette fois, et a déjà rempli cet objectif ! (d'autres paliers sont néanmoins proposés pour offrir des coffrets aux participants, dotés de contenus additionnels en format supérieur)

La littéraction semble donc être à même de lever des fonds relativement importants pour des projets à destination des nostalgiques du genre. Toutefois, le crowdfunding n'est pas une technique aussi simple qu'elle en a l'air. Pour l'expliquer, nous vous renvoyons à l'excellent post d'un participant du forum rendez-vous au 1, dont voici une retranscription : 

Le crowdfunding, comme son nom (en français et en anglais) le précise bien, n'est jamais qu'une méthode de financement. De ce que j'ai vu des projets auxquels j'ai participé, les étapes dans l'ordre sont :
1) Avoir un projet concret et précis. Vouloir relancer les LVH, en soi, cela ne veut pas dire grand chose.
2) Définir un public pour ce projet. L'estimer, repérer les endroits où il peut se trouver, et se préparer à y communiquer énergiquement.
3) Établir un budget minutieux. Par exemple, dans le cas d'un livre, il faut calculer les frais d'impression, le salaire des auteurs, des illustrateurs, les coûts d'expédition, ne pas oublier de tenir compte de la TVA... Tout en se rappelant que certains de ces paramètres vont dépendre du nombre de personnes intéressées au final, qui n'est pas connu au départ.
4) À partir de là devrait s'imposer une première somme minimum en deçà de laquelle le projet ne pourra aboutir. Ajouter encore les frais de paiement et de la plate-forme participative choisie (environ 10%).
5) Vous croyez que c'est fini ? Cela ne fait que commencer ! Parce qu'il va falloir définir toutes les récompenses à offrir en fonction de l'argent investi par les fans. Certaines vont engendrer de nouveaux frais, qu'il faut intégrer au prix de départ. Par exemple, si un projet propose des T-shirt avec son logo dessus, il va falloir les imprimer et les envoyer.
6) Recalculer à la hausse le prix du projet en incluant les frais des récompenses.
7) Vous aviez lâché votre calculette ? Grossière erreur ! Car maintenant, il faut parler des paliers. Quand un projet dépasse de beaucoup son montant de départ, tout le monde gagne des bonus (exemple : des illustrations couleurs au lieu de noir et blanc). Sauf que si ces bonus sont fait n'importe comment, le budget s'écroule. Il faut donc faire encore des maths, pour déterminer à partir de quelle somme la marge est réellement assez importante pour proposer ces améliorations.
8) Rajouter 20% à tout. Parce que les calculs sont forcément trop justes, et ne tiennent pas compte de tous les problèmes qui vont arriver ensuite.
9) Lancer enfin le mois marathon sans sommeil, à communiquer sur tous les fronts, à répondre constamment aux questions, à toujours se montrer enjoué, motivé pour inspirer la confiance...

Et, n'étant qu'un spectateur externe, je suis sûr que j'oublie encore plein d'étapes. Bref, faire du crowdfunding, c'est un vrai boulot en soi. 

On peut se demander d'où vient un tel succès : ces financements sont relativement importants et font appel à une niche de nostalgiques. Diverses raisons permettent d'expliquer ces réussites (bonne organisation et communication, forte nostalgie...) mais à mon sens, il en existe une plus simple : la cible de ces financement sont essentiellement des "geeks", qui possèdent dans cette ère dévolue à la haute technologies des jobs bien payés (souvent dans l'informatique ou l'ingénieurie) et n'hésitent pas à investir dans des projets qui les intéresse (d'autant que l'argent est parfois mésestimé par le geek). Par ailleurs, la modernité et la fluidité des financement participatifs virtualisés correspond parfaitement à la cible dite "geek" (le mot "geek" est utilisé ici sans consonance péjorative : en réalité, on peut dire que la geekitude est en train de devenir à la mode : certains journaux prétendent même que les geeks sont en train de devenir les maîtres du monde, avec des multinationales comme Google, Facebook, etc.).

Bref, mettons fin à ce petit interlude d'analyse sociologique pour retenir que la littéraction semble posséder encore de nombreux fans prêts à mettre la main au porte-monnaie, chose qui devrait interpeller les éditeurs...

Enfin, l'exemple cité dans cet article n'est sans doute pas le seul qui allie le crowdfounding à la littéraction : mettez dans les commentaires d'autres exemples de crowdfounding réussis et qui concernent l'univers de la littéraction !

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Commentaires

Il est clair qu'à l'heure actuelle, peu sont les auteurs indépendants qui arrivent à sortir leur livre sans l'aide des maisons d'éditions. Le croxdfunding vient se poser à cet comme une solution à retenir. Je vous invite également à découvrir un article traitant de ce sujet ici: http://www.monbestseller.com/actualites-litt%C3%A9raire/2805-ebook-editi...

Mince ! Je viens de me rendre compte ! ...Après des décennies à être méprisés, à avoir un nom péjoratif, "certains journaux prétendent même que les geeks sont en train de devenir les maîtres du monde, avec des multinationales comme Google, Facebook, etc"...
Les geeks sont les nouveaux Juifs !
;)

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