Rien de plus qu’un étron flottant dans l’océan.Cela fait quarante-trois jours que le Veloz a quitté l’île de la Tortue. Léger et fin, le navire est taillé pour filer vite avec ses grandes voiles assemblées de façon à capturer chaque filet de vent.
Qu’étions-nous devenus ?
Des survivants frappés du sceau de l'arrogance.
Des ombres, titubant au bord de l'abîme.
Des cœurs lourds.
La peur au ventre.
Comment avions-nous pu en arriver là ?
Aveugles...
Sourds...
Dédaigneux...
Cupides...
Nous étions les seuls responsables de notre propre chute.
La...